Histoire de la Basilique
L’histoire de la Basilique du Sacré-Cœur de Grenoble s’enracine dans une longue dévotion locale au Sacré-Cœur, depuis le XIXᵉ siècle, avant que la construction de l’église débutée en 1922 ne débouche sur sa consécration puis son élévation au rang de basilique mineure et sa rénovation au début du XXIᵉ siècle.
Dévotion au Sacré Cœur
La dévotion au Sacré-Coeur de la ville de Grenoble remonte au XVIème siècle, un peu avant les apparitions à Sainte Marguerite-Marie avec des apparitions privées à une pieuse dame (Madame d’Hercuet) et une supérieure du monastère de Sainte Marie d’en Haut. Puis elle s’est développée, à partir du message de Paray-le-Monial, à la fin du XVIIème et au XVIIIème siècle, avec la création de chapelles, de confréries et le développement de l’adoration eucharistique.
A la chute de l’empire, en signe de réparation vis-à-vis des troubles de la Révolution, les deux-tiers des évêques français consacrent leur diocèse au Sacré Coeur. En 1815, Monseigneur Claude Simon consacre Grenoble pour la libération de la ville (occupée par l’armée austro-sarde). L’Abbé Jean Gerin, curé de la cathédrale de 1835 à 1863 solennise chaque premier vendredi du mois en l’honneur du Sacré-Cœur. Monseigneur Justin Paulinier en 1870 annonce la fondation, à la place de l’ancienne salle capitulaire de sa cathédrale, d’une nouvelle chapelle dédiée au Sacré-Coeur. En 1875, il publie l’acte de consécration au Sacré-Cœur approuvé par Pie IX.

L’histoire du Sacré Cœur

1727 – L’évêque de Grenoble, Mgr Jean de Caulet, encourage à Grenoble la dévotion au Sacré-Cœur, déjà pratiquée depuis le siècle précédent.
1870 – Mgr Justin Paulinier consacre le diocèse de Grenoble au Sacré-Cœur.
1911 – Mgr Paul Henri crée une paroisse dans le quartier de la gare. Le premier curé, l’abbé Joseph Viallet (fils de l’ancien maire de Grenoble Félix Viallet) demande qu’elle soit placée sous le vocable du Sacré-Cœur. Il souhaite en faire un sanctuaire d’envergure, un « petit Montmartre dauphinois ».

1918 – Vœu diocésain de construire une église dédiée au Sacré-Cœur prononcé par Mgr Alexandre Caillot, suivi de la bénédiction de la première pierre provenant du mont Gargas au sanctuaire de La Salette. Mort prématurée de l’abbé Joseph Viallet le 15 novembre 1918.

1922 – Début des travaux avec le deuxième curé, Gustave Parisot et l’architecte Joseph Martin. Le financement se fait entièrement grâce aux dons des fidèles.
1943 – Consécration de l’église bien que non achevée.
1952 – L’église est érigée en basilique mineure par le pape Pie XII
1969 – Arrêt des travaux, la basilique reste inachevée.
2013-2016 – Travaux d’extension et de rénovation lancés par Mgr Guy de Kerimel.
2016 – En l’année sainte de la Miséricorde (2015-2016), inauguration par Mgr Guy de Kerimel de la basilique rénovée. Consécration au Sacré-Cœur approuvé par Pie IX.

Les vitraux
C’est à l’artiste ARCABAS que la conception des 24 vitraux est confiée. Œuvre originale sur le thème de la Création.
Travailler avec Arcabas, c’est faire le choix d’une œuvre vivante et joyeuse.
Le choix de l’artiste s’est imposé. De renommée mondiale, il manifestait un sens du sacré inspiré de la bible.
Pour la réalisation des vitraux, Arcabas (à gauche) a souhaité une collaboration avec Christophe Berthier (à droite), maitre-verrier, dont l’atelier Berthier-Bessac se trouve à proximité immédiate de la basilique du Sacré-Cœur.

Avant de s’éteindre à l’âge de 92 ans, en aout 2018, Arcabas nous confiait :


« Les vitraux du Sacré-Cœur de Grenoble sont abstraits : Il n’y a pas de clé de lecture. La thématique de la basilique du Sacré-Cœur est la Création, c’est-à-dire ce que rencontre nos yeux.
Les harmonies dans le silence, les formes et leur signification et leur prolongement parfois étrange, mène l’homme loin, vers le pourquoi et le comment, dans l’humilité, près de celui que nous nommons Dieu.
Avec ce que j’ai à ma disposition, la lumière et la couleur, je voudrais faire partager à mes frères les hommes, ma reconnaissance au Créateur de qui émane toute beauté. Ainsi voilà mon projet, que la grâce vienne ! »
Article Beaux Quartiers
Arcabas – La lumière intérieure – Printemps 2017
Article Dauphiné libéré
installation des derniers vitraux – 14 juillet 2019
Visiteur,
« Seule la beauté sauvera le monde ». Dostoïevski (1821-1881)
Regarde, chasse de ton cœur pour un moment tout ce qui l’asservit et qui l’aveugle.
Prends le temps de t’arrêter, ouvert et disponible, lâche prise !
Ici, au milieu de cette œuvre, nous sommes appelés à ce que nous avons de plus haut, de plus intime et de plus libre.
Cette œuvre, cela dépend de nous qu’elle existe.
Elle invite silencieusement à libérer en nous cet enfant que nous restons, et qui ne demande qu’à être accueilli afin de s’émerveiller sans calcul et sans retenue.
Elle nous presse de ne pas désespérer, cette présence radieuse, transparente et lumineuse parle secrètement à notre cœur, elle nous fait renoncer à la laideur.
Soyons des passeurs emplis d’espérance, et non des êtres mélancoliques gardiens des ruines.
Voir l’invisible à travers les choses visibles. Être sensible à la beauté.
Le monde d’aujourd’hui, soumis aux pollutions spirituelles et aux agitations frénétiques ; ce monde a tragiquement oublié que la beauté est un chemin vers la méditation et la prière.
